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croire ou savoir ou l'indivisibilité entre la certitude et l'évidence

Les interventions sont classées par ordre chronologique
01.10.2019 10:36

croire ou savoir ou l'indivisibilité entre la certitude et l'évidence

nous partageons un monde de représentations par lequel croire et savoir se côtoient, parfois se mélangent, souvent se confondent, voir s'opposent, c'est pourquoi la question de la distinction entre la certitude et l'évidence se pose toujours plus urgemment...

question : pouvons nous analyser cette distinction pour mieux vivre ensemble, nous les humains ?
Thème proposé par zeugma
Laine
Laine
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02.10.2019 19:29

croire ou savoir ou l'indivisibilité entre la certitude et l'évidence

Que pouvons-nous affirmer comme étant certain ?
Un jour, pas très lointain, j'ai réalisé que les seules certitudes dont je disposais étaient celles liées à mon identité : nom, prénoms, date et lieu de naissance.
Puis, y réfléchissant, je me suis demander dans quelle mesure toutes ces données (qui me déterminent) sont réellement vraies ?
Nous nous construisons sur un récit familial (corroboré par des actes d'état civil) à l'aide d'images et de représentations toutes plus imaginaires les unes que les autres.
L’évidence, elle, est unique et palpable : organisme vivant au milieu d'autres organismes vivants...
zeugma
zeugma
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03.10.2019 18:06

croire ou savoir ou l'indivisibilité entre la certitude et l'évidence

c'est en effet Laine, dans une relativisation radicale de la connaissance qu'il est nécessaire d'ouvrir cette question puisque nous établissons trop souvent une construction logique et informationnelle, qui nous instruit communautairement d'une histoire qui de fait est conduite par des présupposés culturels...

la certitude pourrait néanmoins avoir une place dans le champs de la connaissance comme qualité unitive entre l'inconnu/connu et le connu/inconnu ou dit autrement entre la partie perçue de l'évidence du réel et la partie qui échappe à notre saisie mais qui pourtant existe puisque l'étendu de ce qui ne nous est pas connu est quantitativement et qualitativement "autre" comme inconnu...

nous voyons dès à présent que la question de l’indivisibilité entre la certitude et l'évidence se pose non seulement en terme de délimitation des savoirs mais aussi par l'incontournable individuation des corps, car c’est bien à partir de cette individuation que la connaissance de l’autre en tant qu’autre trouve toute sa pertinence...

aparté: d'ailleurs l'histoire des sciences et de la recherche du sens sont sous-tendues par cette apparente dualité de la certitude et de l'évidence ce qui la désigne donc comme une question de philosophie générale...

Voyons maintenant le cas de l’évidence qui porte elle aussi une part de potentialité en tant qu’elle est soumise aux déterminations nécessaires à la distinction des réalités entre elles, ce qui rejoint donc en quelque sorte la première démarcation, mais cette fois ci du connu/inconnu vers l’inconnu/connu, en effet l’évidence est un dévoilement progressif en temps continu du réel car elle s’établie sur la juxtaposition du devenir de la réalité perçue et de notre jugement d’existence sur cette réalité…

L’évidence pourrai donc être le premier mouvement de la pensée qui porte du connu vers l’inconnu alors que la certitude en être l’autre moment, qui porte de l’inconnu vers le connu…

Reste à analyser en quoi une réalité peut-être en partie connue et en partie inconnue, ce qui nous ramènerait vers une autre distinction, celle qui permet l’identification certaine à partir d’une évidence où se serait donc le jugement d’existence qui permettrai en premier d’affirmer l’existence de telle réalité sans passer par les sens corporels…

Ainsi croire et savoir ne seraient plus que deux composantes de cette unique identification de l’existence d’une réalité…

Modifié par zeugma - 03.10.2019 18:09
Laine
Laine
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03.10.2019 20:07

croire ou savoir ou l'indivisibilité entre la certitude et l'évidence

La question était : pouvons nous analyser cette distinction pour mieux vivre ensemble, nous les humains ?
Pour vivre mieux ensemble, nous les humains, il ne me semble pas que cela puisse passer par la distinction du croire et du savoir.
Votre approche Zeugma laisse entrevoir qu'une réalité existe et surtout qu'elle est le plus communément admise selon le déterminisme d'un individu ; sur cette base là, il est loin le temps où l'humain sera en paix avec son voisin.
A mon sens, ce qui permettrait de mieux vivre ensemble serait d'être conscients d'être, tous autant que nous sommes et pris individuellement là où nous sommes, des protagonistes et des acteurs d'un programme unique et divin ; d'être dans la paix de l'accomplissement d'une mission terrestre sous le regard du créateur et pour laquelle nous avons (que nous le reconnaissions ou pas) opté, précisant que les outils, les facultés et les pouvoirs de chacun sont nichés au coeur du moi, que cet accomplissement n'est que le juste tribu d'un individu à une espèce qui lui a offert l'hospitalité : là, il y a projet commun. C'est un des moyens peut-être...
zeugma
zeugma
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05.10.2019 17:37

croire ou savoir ou l'indivisibilité entre la certitude et l'évidence

une fois encore Laine si je vous rejoins dans votre recherche, je n'avais pas en postant ce sujet de cible particulière, juste de proposer une réflexion sur la distinction entre savoir et croire dans l'indivisibilité entre la certitude et l'évidence, ou tout au moins dans leur irréductible origine du connu/inconnu et de l'inconnu connu, pourtant vous avez raison de rappeler que ce n'est pas uniquement par l'individualisation de la connaissance que nous pourrions mieux vivre ensemble, c'est pourquoi j'ai recherché la zone de permanence du sens commun et il me semblait qu'elle pouvait se trouver dans l'unité entre croire et savoir par l'identification commune du réel...

en sachant qu'identifier est un acte qui implique une reconnaissance et une acceptation, mais aussi un jugement et une compréhension, les qualités de la croyance et du savoir seraient respectées, dans cette perspective l'identification de l'être premier comme cause et fin de tout serait en effet l'ultime "réel"...

Modifié par zeugma - 05.10.2019 21:51
Laine
Laine
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06.10.2019 19:10

croire ou savoir ou l'indivisibilité entre la certitude et l'évidence

"l'indivisibilité entre la certitude et l'évidence, ou tout au moins dans leur irréductible origine du connu/inconnu et de l'inconnu connu".
A la faveur d'une anecdote, j'ai saisi - pas plus tard qu'hier - le connu et l'inconnu : en plein Paris, je croise un visage connu (André Dussolier) ; je le reconnais - donc je le connais.
Puis, dans le métro, je vois de multiples visages que je ne reconnais pas - puisque je ne les ai jamais vus ; pourtant qu'est ce qui différencie ces virages : l'un qui est connu, les autres qui sont inconnus. Je n'accueille pas de la même façon un visage connu et un visage inconnu, pourtant ils me sont tous connus : ce sont tous des visages de frères humains.
Cette expérience est très révélatrice d'une certitude et d'une évidence connues : j'ai croisé la route d'André Dussolier (entre nous, c'était la 2e fois) tandis que tous les autres visages - inconnus - me sont restés inconnus ; il ne devrait pas en être de la sorte puisqu'ils me sont connus : ils sont mon miroir - tout autant qu'André Dussolier - mais je ne les avais jamais vus..
Que dénommez-vous "zone de permanence du sens commun" ? Existe t'il encore du sens commun ? Je vous rejoins amplement sur l'existence d'une substance créatrice...qui pourrait être lien (au lieu de cela, elle divise)...
La zone de permanence du sens commun laisse augurer qu'un sens commun puisse advenir.
L
zeugma
zeugma
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08.10.2019 10:24

croire ou savoir ou l'indivisibilité entre la certitude et l'évidence

Laine vous demandez : "Que dénommez-vous "zone de permanence du sens commun" ?
c'est à partir de l'évolution de notre espèce qu'il est évident de rechercher ce qui stabilise notre relation personnelle et communautaire à notre milieu de vie, c'est donc dans cette correspondance entre les capacités à organiser un devenir collectif et l'acceptabilité de chaque individu que cette zone de permanence du sens commun s'établit...

alors que l'histoire nous donne à lire une suite d'événements conséquents d'un choix ou d'une opposition entre plusieurs individus, le sens commun lui demeure l'évidence d'une juste disposition à recevoir le nécessaire vital, ce qui nous interroge une fois de plus sur l'intelligibilité pratique lorsqu'elle s'applique aux besoins, se soumet aux envies, se prolonge dans les projets et parfois seulement se conforme aux désirs, car c'est toujours dans un outre-passement de certaines limites naturelles que notre espèce a inauguré et conforté un mode de vie qui ne respecte pas le sens commun...

ce sens commun en plus d'être garant de la pérennité physiologique des corps dans leurs besoins, devrait limiter l'excessivité des envies qui naissent d'une survalorisation des pouvoirs liées à l'argent mais aussi de l'inventivité débridée de certaines personnes, devrait aussi réguler les projets à partir de leurs réversibilités et surtout de leur accumulations désordonnées, c'est-à-dire du manque d'anticipation précise de leurs effets collectifs, et enfin le sens commun devrait permettre aux désirs de prendre la place qu'ils leurs revient en unifiant non seulement chaque personne mais en postulant communautairement une zone de permanence du "bien vivre", alors que nous sommes en gestion permanente des problèmes à résoudre conséquents de notre manque de sens commun et cela quelque soit l'espace ou le temps où nous avons vécu ou vivons sur cette planète...

il est évident qu'il y a une dégradation continuelle du sens commun dans la résolution des problèmes causés par l'accumulation de projets sans symbiose avec le milieu naturel, car si le sens commun du bien vivre est une stabilité du groupe pour l'individu, il se dégrade (ce sens commun) dès lors où l'on doit contraindre ces mêmes individus à vivre dans un milieu soumis à la forme critique de l'intelligence qui est pour le coup devenue nécessaire à la résolution des problèmes...

en résumé c'est une réduction de la saisie du bien commun au profit de l'accroissement d'une gestion du moindre mal...

Puis vous demandez :"Existe t'il encore du sens commun ? "
oui évidement, il est entièrement disponible dans la certitude qu'il existe une qualité universelle de bienveillance dans la relation de l'individu à son milieu et aux autres individus par laquelle chaque geste, chaque pensée et chaque désir soit dirigé vers un bien commun, et donc encore une fois cette qualité universelle contribuant à délimiter la zone de permanence du sens commun ne peut coexister avec toutes les formes d'accumulations quantitatives liées au droit de propriété, de profit etc...

revenir à une non-possessivité mais uniquement à un usage temporel serait la première étape du respect de cette zone de permanence du sens commun, et là encore le lien entre croire et savoir est plus indispensable qu'il ne paraît car c'est dans une dynamique unissant : 1 la cause du désir c'est-à-dire croire à une réalité qui finalise et 2 la cause de la motivation c'est-à-dire : savoir que cette réalité est bonne pour atteindre une finalité heureuse, que nous accéderons au "mieux vivre ensemble"...

P.S vous m'excuserez d'avoir été un peu long mais ce sujet mérite amplement d'y consacrer du temps et de l'énergie...
Laine
Laine
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08.10.2019 13:40

croire ou savoir ou l'indivisibilité entre la certitude et l'évidence

nous accéderons au "mieux vivre ensemble"...
Pour accéder au mieux vivre ensemble, il importe d'abord de mieux vivre avec soi. Je crois qu'on ne peut ambitionner d'accepter l'autre tant que l'on ne s'est pas accepté soi.
Bien qu'il existe ce sens commun : la question portait sur la survivance de cette notion dans la négation de notre nature humaine au sein d'un univers multiple et varié dont nous ne sommes qu'une infime partie...
zeugma
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09.10.2019 10:30

croire ou savoir ou l'indivisibilité entre la certitude et l'évidence

en effet des deux argumentations de votre dernière intervention Laine, nous pouvons mieux comprendre les achoppements qui ont fait dérivé l'humanité vers une complexification sans autre but que de poursuivre l'autodétermination et l'égocentrisme sous couvert d'une recherche d'autonomisation et de responsabilisation individuelle, ce caractère propre à notre espèce pose de fait une contradiction avec le milieu de vie, et comme vous dites :" la négation de notre nature humaine au sein d'un univers multiple et varié dont nous ne sommes qu'une infime partie..."
ce qui d'ailleurs ne nous fait pas quitter notre sujet car croire et savoir sont devenu oppositionnels au fils des années dans cette négation de l'interdépendance radicale qui existe aussi bien au plan physiologique qu'au plan spirituel avec l'univers...

"croire" dans la perspective des anciens était principalement une acceptation d'un inconnu qu'ils assumaient dans le quotidien comme la présence de leur propre finitude dans une ouverture à l'infini et à l'éternité, et "savoir" permettait de prendre une part active au déploiement du devenir de l'univers où ils se sentaient inclus, puis les formes religieuses de croyances ont essayé d'unifier le croire et le savoir dans des rites et parfois dans une théologie, ce qui a poussé l'intelligence à rechercher autrement et de manière autonome un savoir qui repousserait toujours plus l'inconnu...

aparté : la sécularisation dans les sociétés où la religion chrétienne, par exemple, était devenue une référence morale, a développée une surévaluation du pouvoir issu de cette recherche d'autonomisation, car cette religion a inauguré une autonomie de la personne d'avec son milieu de vie dans la révélation d'une autre vie, cette sécularisation est donc un effet mais aussi la cause de la séparation du croire et du savoir...

enfin pour revenir au sens commun qui pourrai se maintenir dans une zone de permanence entre la certitude et l'évidence, il suffit de prendre acte, non pas de nos erreurs comme source de motivation, mais du fait que nos connaissances sont toujours en limitation de la conscience que nous avons de nous même, comme vous le dites fort bien Laine, connaitre l'univers sans se connaitre comme partie de l'univers revient à s'ignorer et à agir en contre-sens de cet univers...
Laine
Laine
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10.10.2019 12:37

croire ou savoir ou l'indivisibilité entre la certitude et l'évidence

"connaitre l'univers sans se connaitre comme partie de l'univers revient à s'ignorer et à agir en contre-sens de cet univers"
magnifique formule qui exprime, de façon très ramassée, l'utilité de ce passage terrestre ; je vous suis.
Finalement, sous couvert de vouloir réunir, la religion divise (de fait puisque c'est chapelle contre chapelle).
Ne pourrait on concevoir que le savoir est ce qui vient après le croire ?
Je m'explique : Schopenhauer - qui ne semble pas porter la science dans son coeur - explicite le processus de l'intuition (forcément personnelle) fondée sur l'entendement (somme des expériences) pour établir un savoir dont la justification est intrinsèque au simple fait d'en avoir l'intuition ; quelque chose de l'ordre de l'intuition se transforme en évidence (puisque empiriquement expérimenté) pour aboutir à la certitude (encore qu'elle ne soit jamais acquise à mon sens) mais pour mener le processus à son terme, il faut bien convenir de la certitude d'une intuition...
zeugma
zeugma
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11.10.2019 10:00

croire ou savoir ou l'indivisibilité entre la certitude et l'évidence

bien des philosophes ont eu à dénouer cette difficulté de savoir si il y a une correspondance entre leur "intuition" et l'aboutissement logique de leur raisonnement, mais il n'y a pas d'opposition entre ces deux voies de recherche du vrai, puisque si l'évidence porte en elle une immédiate saisie d'informations par les sensibles communs (les cinq sens par exemple), elle ne s'apparente pas directement à l'intuition qui elle est une saisie figurative issue de la connaissance passive, ou dit autrement de la recomposition mémorielle de notre présence individuelle comme partie du tout...

l'évidence, elle, réclame un acte propre de l'intelligence qui se trouve dans le jugement d'existence et qui préside à la connaissance première de tout corps vivant, en le rendant participant à son milieu de vie, cela inclus donc que la qualité qui permet à l'intelligence de rester "naturelle" c'est
avant tout la dépendance, qualité peu recherchée de nos jours mais pourtant à l'origine des plus pertinentes vérités saisies par notre espèce...

Parce que la dépendance est une forme de contact avec le réel qui unie l'acceptation et le jugement d'existence, ou dit autrement qui unie la volonté et l'intelligence de manière harmonieuse, en effet dans chaque connaissance doit subsister un choix qui provient de l'intelligence ayant découvert un bien singulier ou universel, ou les deux en même temps, et c'est de ce choix que provient le premier plan de la certitude, car le lien entre l'évidence et la certitude n'est autre que le choix qui pour nous humain est une modification structurellement de notre conscience par la raréfaction de l'instinct animal, (l'intuition en est d'ailleurs un reste plus ou moins "pur")...

bref, si nous recherchons une indivisibilité entre la certitude et l'évidence, il se peut que le choix et donc l'unité entre ce que l'on aime et ce que l'on connait y soit pour quelque chose, reste à déterminer en quoi le choix doit justifier le sens commun dans son universelle causalité du bien vivre, et c'est là que nous avons à réfléchir sur le sens individuel d'être au monde en mesure de son corollaire collectif, et c'est donc dans une autre nuance qu'il serait utile de poursuivre cette question sur ce que l'on croit et ce que l'on sait, en recherchant en quoi le savoir collectif modifie individuellement la qualité de dépendance et donc les choix individuels...
Laine
Laine
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13.10.2019 13:28

croire ou savoir ou l'indivisibilité entre la certitude et l'évidence

Bravo et merci, merci de placer la dépendance au centre de nos relations humaines ; c'est une richesse plus qu'une entrave, à mon sens et c'est si bon de le lire.
L'interdépendance bouddhiste n'est pas qu'un concept ; elle est une réalité et loin de faire peur, elle devrait être perçue comme un socle d'entraide, de soutien et d'exploration.
La connaissance seul est une chose mais le partage de la connaissance prend une toute autre ampleur.
En quoi la connaissance humaine, universelle et intemporelle modifie t'elle nos actes individuels ?
L'intuition est, il est vrai, une perception et un mode de connaissance individuels.
Mais à mon sens, l'intuition est la manifestation d'une force, d'une puissance qui, en tant que médium, nous parvient du cosmos, de la force suprême. C'est la science infuse, celle qui est transmise par le fait que nous soyons tous les attributs de la substance créatrice, une, indivisible, composés des mêmes alliages, des mêmes matériaux et mus par l'instinct de perpétuer notre espèce. Indéniablement, les individu s'adaptent, sur des générations bien sûr, aux mutations, connaissances et / ou transmutations qui peuvent intervenir (l'IA pointant son nez, nos comportements sont déjà influencés).
on croit savoir des choses de l'ordre de la certitude, c'est une évidence....
zeugma
zeugma
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14.10.2019 10:44

croire ou savoir ou l'indivisibilité entre la certitude et l'évidence

à votre suite je reste persuadé aussi que c'est pour avoir opté pour une forme de développement matérialiste qui oblige à percevoir le réel comme une construction quantitativement transformable, que les consciences personnelles et le sens commun ont laissé de coté cette perception que vous dites médiumnique et que l'on pourrai aussi nommer transductive...

car là où un corps vivant est, existe nécessairement un faisceau de liens qualitativement stables, c'est-à-dire qui soutient la relation matière/vie en une continuité opérante l'individuation...

c'est donc ce même faisceau qui maintient le diverse et le multiple en permanence dans un équilibre vital, c'est ce que l'on nomme le milieu de vie, mais de la même manière que ce faisceau est cause de stabilité du macrocosme, il l'est aussi pour le microcosme que nous sommes individuellement, c'est pourquoi comme dit précédemment, ignorer ou se détourner de cette stabilité par un abus désordonné d'actions, conduit tout droit à l'instabilité que nous constatons tout les jours, autant dans le comportement destructeur de certaines personnes que dans le dérèglement climatique, car c'est la même ignorance qui en est la cause...

croire et savoir dans une indivisibilité de la certitude et de l'évidence reste à mon avis, pour une conscience humaine, la seule correspondance analogique (analogie propre) avec l'équilibre que l'univers dispose dans sa dynamique, cela est facile à voir lorsque nous regardons pourquoi la conscience permet que soit maintenu en même temps (mais sous un rapport distinct) les deux connaissances que procurent la croyance et le savoir et pourquoi l’univers trouve son équilibre dans l’ordre d’un échange d’informations, puisque croire c’est percevoir un ordre sans en connaître tous les composants, et savoir c’est connaître de l’information (composants) sans en percevoir nécessairement l’ordre…

Résumé c’est donc dans le pourquoi commun (nous pourrions dire sens commun) entre l’existence de la conscience et celui de l’univers que se trouve pour nous la nécessaire indivisibilité entre la certitude et l’évidence, et ce pourquoi c’est l’équilibre dans la continuité…

P.S l’ordre qui est une qualité unitive du réel ne se perçoit pour la conscience qu’au travers de la diversité et de la multitude d’informations, mais reste inaliénable à ces deux principes qui distinguent le réel, car la diversité a pour principale qualité l’équilibre vitale des corps et la multiplicité a pour principale qualité la continuité qui provient de leur individuation, mais ni la diversité ni la multiplicité ne peut se prévaloir d’un ordre indépendamment de l’autre ainsi croire et savoir sont donc aussi indivisible dans leur acte propre : la certitude et l’évidence…

Modifié par zeugma - 14.10.2019 10:47
Laine
Laine
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14.10.2019 17:10

croire ou savoir ou l'indivisibilité entre la certitude et l'évidence

Me vient à l'esprit une question :
Pour vous, chez Zeugma, la certitude c'est le savoir et l'évidence le croire ?
Et oui bien sûr, indivisibilité, interdépendance, intemporalité, impermanence...avec des uns ou fait du tout...
zeugma
zeugma
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16.10.2019 11:26

croire ou savoir ou l'indivisibilité entre la certitude et l'évidence

Laine vous demandez: "la certitude c'est le savoir et l'évidence le croire ?

si j'ai essayé de développer leur indivisibilité, c'est qu'il me semble que l'on ne puisse pas les démarquer par une assignation particulière comme vous le proposez, car la certitude est un état de conscience qui permet une stabilité de la volonté vers l’intelligence et de fait ne s’oppose pas à l’évidence qui elle est un état de conscience qui permet l’acceptation du réel de l’intelligence vers la volonté…

Si nous retrouvons ces deux mouvements parallèles, c’est qui sont source comme dit précédemment de l’inconnu/connu en ce qui concerne ce que nous tenons comme certain puisque c’est à partir d’un acte volontaire de désir que la conscience recherche par l’intelligence à « connaître plus avant » cette réalité désirée, alors que dans le mouvement contraire, donc celui de l’évidence, c’est le mouvement du connu/inconnu puisque qu’il part de l’intelligence en acte (jugement d’existence) et va vers la volonté par l’acceptation d’une réalité qui peut-être désirable…

Nous voyons donc qu’il ne s’oppose en rien mais sont uniquement des contraires, et c’est bien là un des « drames » à n’en point douter de l’histoire humaine, avoir opposé ce qui n’est que contraire…

Aparté : Tout comme ce que nous voyons dans l’autre sujet sur l’intelligence féminine et masculine, qui sont contraires dans un rapport de complémentarité mais ne s’oppose en rien…sauf si une incompréhension de leur différence respective finisse par les rendre irréconciliables…


De même croire et savoir ne s’oppose en rien mais sont contraires en leur complémentarité, jusqu’au moment où ils s’unissent dans la contemplation car seule cette dernière permet par un seul acte l’unité de la volonté et de l’intelligence lorsqu’elles « découvrent »ensemble une réalité qui les finalisent toutes deux parfaitement et qui de fait est alors aussi, l’unité (indivisibilité) de la certitude et de l’évidence…

Modifié par zeugma - 18.10.2019 11:39
Laine
Laine
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23.10.2019 13:32

croire ou savoir ou l'indivisibilité entre la certitude et l'évidence

...jusqu’au moment où ils s’unissent dans la contemplation car seule cette dernière permet par un seul acte l’unité de la volonté et de l’intelligence lorsqu’elles « découvrent »ensemble une réalité qui les finalisent toutes deux parfaitement et qui de fait est alors aussi, l’unité "
De là à se questionner sur notre rôle de témoin. Ce passage terrestre n'a t-il finalement d'autre finalité qu'être un témoin de notre époque, un contemplateur de la création.
De chacune de nos existences naît une expérience, et toutes s'ajoutent au patrimoine existentiel humain universel. Plusieurs registres pour exercer son pouvoir expérimental : la contemplation (effectivement), la connaissance, l'étude, l'action, la narration...etc - les uns n'empêchant pas les autres - et c'est Sénèque qui écrit : je veux une matière à étudier tellement prolixe qu'elle occupera tous mes jours jusqu'au dernier : la philosophie.
Le sentiment d'unité ressenti est celui où, de fait, il n'y a plus distorsion entre son existence et celle du monde...évidence des évidences.

Modifié par Laine - 23.10.2019 13:43
zeugma
zeugma
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24.10.2019 12:32

croire ou savoir ou l'indivisibilité entre la certitude et l'évidence

le témoin est aussi celle et celui qui manifeste par son témoignage de la gratuité du réel si bien sûr il en vit au quotidien...
Laine
Laine
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17.11.2019 10:27

croire ou savoir ou l'indivisibilité entre la certitude et l'évidence

gratuité du réel : est-ce à dire gratuité de l'existence ?
Et si oui, l'est-elle vraiment ?
je pense que si l'on perd sa vie à la gagner, l'ardoise est lourde et plus l'ardoise est lourde plus l'espérance d'un nirvana complet s'éloigne...
zeugma
zeugma
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26.11.2019 10:39

croire ou savoir ou l'indivisibilité entre la certitude et l'évidence

la gratuité de l'existence repose sur le fait que notre vie est biologiquement limitée à une quantité qualifié de mouvements vitaux, de perceptions et de dynamismes, reste que si il y a une perception personnelle qui puisse nous permettre de nous "orienter" vers la réalisation parfaite de notre nature, elle se trouve dans la recherche d'un état de complétude, ce qui implique un ordre harmonieux entre nos puissances et nos actes, et ce qui se révèle en plénitude dans le terme "nirvana" traduit souvent par "extinction", comme si le feu de la vie avait tout brûler ce qui faisait matière à éclairer et à réchauffer notre chemin sur cette terre...

Modifié par zeugma - 26.11.2019 10:40
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