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Formuler ses désirs est ce commencer à les réaliser?

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17.01.2019 18:47

Formuler ses désirs est ce commencer à les réaliser?

Bonsoir, où pensez vous que commence le désir ? Est ce qu’en formulant un désir nous sommes déjà inconsciemment dans la réalisation de celui ci ?
Formuler un désir est ce commencer à le réaliser ?
Thème proposé par -
zeugma
zeugma
636 interventions
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18.01.2019 11:15

Formuler ses désirs est ce commencer à les réaliser?

évidement si l'on est intellectuellement dans une dépendance psychologique de l’auto-motivation du désir, alors le fait de le formuler en est déjà comme le parfum...

mais si, comme il me semble plus réaliste, nous avons admis que le désir est l'acte de la volonté qui réclame la totalité de notre nature humaine, alors la formulation prendra au mieux l'élan d'une prière et au pire la frustration d'une colère...

aussi le fait de désigner un bien désirable, soit par des mots, soit par des maux, pose évidement la question de la définition du bien et du chemin pour l'atteindre, pourtant il me semble là aussi que le seul mode naturel qui soit en équivalence à l'enjeu de cette question, ce soit la contemplation...

en effet seule la contemplation est naturellement un acte de l'intelligence qui cherche la forme du bien (formulation) et en même temps un acte de la volonté qui donne au bien d'être là comme réalisation, puisque l'on ne contemple que par la présence réelle d'un bien désirable...

Modifié par zeugma - 13.03.2020 07:33
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7 interventions
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06.02.2019 17:50

Formuler ses désirs est ce commencer à les réaliser?

Mots-clés : Commencement, Désir, Formulation, Inconscience, Réalisation.

Inconscience -> Objet du Désir -> Prise de conscience -> Désir -> Formulation -> Réalisation (Comme Action puis comme Résultat).

La formulation du désir s'opérant dans l'imaginaire, est une spéculation.

- Une spéculation au sens logique/philosophique, car on s'y interroge sur les conséquences d'une hypothèse ;

- Une spéculation au sens Optique, car elle est la Vitre (specularia) à travers laquelle est contemplé l'imaginaire espéré ;

- Au sens Optique (bis), car elle est le miroir (speculum) qui renvoie l'image d'un soi comblé par une mise en scène du désir assouvi.

- Aussi peut-elle prendre un sens Financier, lorsqu'elle promet un enrichissement risqué sans impératif Juste (Souvent à défaut d'opportunité d'action réelle, ce qui pousse à la recherche d'un succédané d'action). C’est une entreprise aux implications et risques associés connus :
• Déconnexion du Réel ou bien sa
• Déstabilisation,
• Enrichissement au détriment d'autrui (Par la souillure de ce/celui qui est évoqué dans le cas d'une formulation du désir par Pensées Discutables),
• Explosion de la Bulle Spéculative.

La formulation dans l'imaginaire peut aboutir à la Modélisation d'un sous-objet de désir, ersatz tout à fait Réalisé de l'objet de désir original.

Cet objet de remplacement peut aisément supplanter son modèle, en devenant crible ou gabarit.
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fEZ

Modifié par fEZ - 06.02.2019 17:52
zeugma
zeugma
636 interventions
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07.02.2019 11:48

Formuler ses désirs est ce commencer à les réaliser?

pour remercier fEZ de nous avoir quadrillé adroitement les limites de cette question/hypothèse, il est possible de reprendre une partie de son intervention en vue de continuer la réflexion commune...

il nous dit que formuler un désir est par l'imaginaire, une spéculation, c'est-à-dire une projection in abstracto d'un possible...

et là nous devons distinguer ce qui provient de l'intelligence par le choix (hypothèse acceptée) et qui est le propre du désir par l'assentiment volontaire...

car le désir est le point ultime de l'activité de la volonté...

en effet si l'on en reste à la formulation du désir, qui est une délibération et une délimitation par un acte conscient, il y a toujours "un risque" comme le dit très justement fEZ, de se satisfaire d'un sous-produit du désir comme projection d'un manque, c'est-à-dire rester imaginairement dans la velléité, et poser un nouveau paradigme de satisfaction illusoire...


le désir spirituel ne doit pas être confondu avec l'envie !
zeugma
zeugma
636 interventions
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07.02.2019 12:07

Formuler ses désirs est ce commencer à les réaliser?

et pour faire un clin d’œil à une autre phrase de fEz sur l'optique, il y a occasion de citer Spinoza qui exerçait le métier de polisseur de verre : « NOUS NE DÉSIRONS PAS UNE CHOSE PARCE QUE NOUS LA JUGEONS BONNE, MAIS NOUS LA JUGEONS BONNE PARCE QUE NOUS LA DÉSIRONS.»

il y a dans cette phrase une tragique méprise sur ce qui est l'acte du désir, car désirer n'est jamais sans objet, et l'objet de notre désir préexiste toujours avant notre élan vers lui...

ors Spinoza applique une logique qui fait que le bien de la chose n'existe que parce que nous l'avons jugé bonne, mais qu'attendre de plus d'un penseur qui place la raison comme sommet de toutes les activités spirituelles humaines ?

cette "bévue" sur la nature propre du désir aura des conséquences terribles, car repris et déformer par la psychologie freudienne, nous avons aujourd'hui à faire face au déferlement des ego narcissiques, prenant leurs désirs pour bases de leurs autosatisfactions, sorte de mise en oeuvre du spinozisme !
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2 interventions
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19.02.2020 22:07

Formuler ses désirs est ce commencer à les réaliser?

La réponse peut paraître évidente à première vue.
Cependant, si l’expression même du désir suggère que le désireux a, consciemment ou pas, un plan bien ficelé en tête et sait déjà comment s’y prendre, cela n’en fait pas forcément un pas concret vers sa réalisation.

J’entends par là que, et je m’en tiens qu’à mon propre raisonnement, qu’avoir une idée des étapes nécessaires à la concrétisation du désir ne suffisent pas à son aboutissement. Le plus souvent d’ailleurs, la simple formulation contente l’auteur qui -non pas- ne « veut pas » mais ne « peut pas » se permettre un tel désir, souvent par soucis morale.

Je suis conscient que mes réflexions peuvent paraître brouillons et je m’en excuse. Bien que le fait qu’elles soient issues d’un effort de réflexion personnel suffirait à me justifier. Mon intervention peut donc se résumer par dire que: oui, c’est un premier pas. Mais parfois le dernier.

Modifié par Luvphilo - 19.02.2020 22:08
zeugma
zeugma
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20.02.2020 09:29

Formuler ses désirs est ce commencer à les réaliser?

à partir de l'erreur de voir le désir uniquement comme une motivation ou dans d'autres cas une forme d'intentionnalité, il devient évident qu'il est réduit à une appropriation des possibilités d’expansion de l'ego et reste une autre version du fantasme ou du projet...

mais dès que l'on comprend que le désir est le plus parfait acte de la volonté qui accepte que l'altérité d'un bien puisse générer un amour spirituel, alors nous écartons de facto l'imaginaire fantasmatique et la projection matérialiste comme origines (conjointes ou pas) du désir...

dès lors formuler ses désirs est une disposition de l'intelligence qui recherche à aider la volonté dans son acte propre...accepter et aimer un bien spirituel...

Modifié par zeugma - 20.02.2020 09:31
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2 interventions
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20.02.2020 19:40

Formuler ses désirs est ce commencer à les réaliser?


mais dès que l'on comprend que le désir est le plus parfait acte de la volonté qui accepte que l'altérité d'un bien puisse générer un amour spirituel, alors nous écartons de facto l'imaginaire fantasmatique et la projection matérialiste comme origines (conjointes ou pas) du désir...


J’aimerai juste rebondir sur ce que zeugma a écrit, et n’hésitez pas à me corriger si erreur de ma part, mais vous considérez donc le désir et son expression comme étant un geste volontaire et son acceptation consciente ?

Si oui, j’aimerai souligner que comme notamment expliqué dans la philosophie freudienne des désirs prennent naissance dans l’inconscient mais ne passent pas toujours la barrière du subconscient et se retrouve réprimée. Son expression prendra place dans des moments de faibles vigilance: le rêve par exemple.

Par ailleurs je n’adhère pas au principe d’exclure les fantasmes et autres désirs dits « matériels » de la défini du désir proprement dit. Pouvez vous élaborer un peu plus ?
zeugma
zeugma
636 interventions
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21.02.2020 10:51

Formuler ses désirs est ce commencer à les réaliser?

est-ce à moi d'expliciter sur ce qu'est le désir ou à vous, Luvphilo de rechercher en quoi votre docteur Freud est la pire des sources de réflexion sur ce sujet ?

car il en va de cet auteur praticien comme d'une caricature, on reconnait le sujet en acceptant la torsion et le détournement des traits d'un visage, et quoi de plus étonnant, Freud a essayé de théoriser la structure de la psychologie humaine à partir de cas cliniques et généralisé jusqu'à affirmer en principes ce qu'est cette structure, de plus sa formation philosophique franchement positiviste l'a desservi...

bref inutile de vous rappeler que l'erreur d'une personne peut advenir sous trois aspects, soit il se trompe par manque d'information, soit il ne perçoit pas la réelle nature de ces informations, soit enfin il n'associe telle réalité avec telle autre uniquement par un raisonnement défectueux et en tire donc de fausses conclusions...

la pensée erronée de ce docteur tient des trois évidement...
et donnons trois exemples :
1/ par son refus de l'immatérialité de l'esprit humain, il ramène tout au vécu psychologique...
2/ par l'invention d'un inconscient il désigne en fait une part de la mémoire, mais lui prête une autonomie qu'elle n'a pas...
3/ par ce qu'il désigne comme "le transfert" et "la pulsion", il ne fait que déformer en une idéalisation de complexité ce que sont "le mimétisme naturel" et "l'instinct de survie", qui ne devrait pas être nommé différemment quelque soit l'état de la personne, saine ou malade psychologiquement d'ailleurs...

Modifié par zeugma - 01.03.2020 07:39
Laine
Laine
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26.02.2020 12:52

Formuler ses désirs est ce commencer à les réaliser?

"le désir est le point ultime de l'activité de la volonté" (Zeugma)
De ma frêle expérience philosophique, je comprends que le désir est l'aboutissement d'une volonté, d'un choix délibéré, presque la résultante d'une détermination.
La volonté et le désir sont couramment confondus je pense comme si le fait de vouloir, c'était comme le fait désirer.
Sortant tout juste de la lecture de La Tentation d'exister de Cioran, j'analyse le désir (par exemple celui d'écrire - qu'il aborde avec virulence) comme étant une volonté d'être au monde ; par exemple, CIORAN fustige les écrivaillons qui n'ont d'autre ambition que d'apparaître au monde, qui écrivent dans la seule ambition de "briller" par leur production.
Il souligne par ailleurs le fait que le moderne n'invente rien, qu'il n'ennoblit pas, bien au contraire ; il détruirait même...(Cioran oblige...)
La tentation d'exister serait celle "d'être" par le prisme de ce que l'on sécrète, or effectivement, comme le souligne Zeugma, la simple contemplation, dans la manifestation de la volonté de contempler, est le véritable joyau de l'existence, le désir de cette contemplation l'emportant amplement sur la reconnaissance terrestre d'une honorabilité délétère...
"le désir est le point ultime de l'activité de la volonté" : le désir semble donc être "postérieur" à l'activité....?
zeugma
zeugma
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29.02.2020 10:50

Formuler ses désirs est ce commencer à les réaliser?

Laine vous nous demandez si : "le désir est le point ultime de l'activité de la volonté" : le désir semble donc être "postérieur" à l'activité....?"

c'est une très juste précision qu'il nous faut rechercher, car il y a en effet en tout désir une interpellation temporaire, je m'explique, le désir est une tension de l'abstraction première de l'intelligence qui provient de la différenciation entre le temps du corps et le temps de l'esprit, (ce que les psychologues de tous poils auraient dû prendre au sérieux dans leur souci de comprendre la complexion corps/psychisme du passage à l'acte comme ils disent, mais passons...) car c'est là que se noue la prévalence du désir sur les trois autres actes volitifs, (besoin, envie, projet) qui sont prioritairement quantifiés et secondairement qualifiés, cela est évident si nous analysons les besoins vitaux liés à la durabilité des réserves de nourriture/boisson, de temps de sommeil et du temps de respiration, pareillement pour les envies relatives aux sensations qui se révèlent selon les stimulus psychophysiologiques, tout comme les projets soumis au conditionnement communautaire de leurs réalisations matérielles...

bref, seul le désir est premièrement qualitatif et secondairement quantitatif, échappant dès lors à la temporalité, ce qui le fait donc être premier sur toutes les activités, car le désir n'est pas une activité, mais uniquement la réponse hors temps et hors lieu de notre limitation temporelle et locale, c'est aussi pourquoi le désir est si proche de l'amour spirituel dans sa totale gratuité...

Modifié par zeugma - 29.02.2020 13:20
Laine
Laine
287 interventions
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29.02.2020 22:07

Formuler ses désirs est ce commencer à les réaliser?

Est-ce que je lis bien si je lis, le désir est ce qui m'anime (débarrassé des données temps et réalisations terrestres) , donc l'âme ?
Laine
Laine
287 interventions
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29.02.2020 22:07

Formuler ses désirs est ce commencer à les réaliser?

Est-ce que je lis bien si je lis, le désir est ce qui m'anime (débarrassé des données temps et réalisations terrestres) , donc l'âme ?
zeugma
zeugma
636 interventions
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01.03.2020 10:01

Formuler ses désirs est ce commencer à les réaliser?

Laine une fois de plus votre questionnement a la pertinence de toute véritable quête de sagesse et nous met donc en face d'une des dimensions essentielles du désir, (car chaque désir est aussi une quête en un certain sens) puisqu'en effet le désir est quelque chose qui tient de notre vitalité la plus radicale, pas au niveau de nos besoins comme dit précédemment, mais assumant toute la temporation de notre présence consciente...

Ainsi à mon avis, le désir est le seul acte de la volonté qui nous fasse prendre conscience de la réalité du choix que l'intelligence pose envers un bien réel (autre que nous même) et qui puisse nous finaliser totalement, corps et âme, comme l'on disait autrefois...

or, si nous essayons de comprendre la qualification que procure le désir/choix, (comme deux actes parfaitement conjoints de la volonté et de l'intelligence), nous découvrons aussi ce que certaines traditions religieuses et philosophiques nomment "âme"...

Mais pour allez plus loin dans un essai d'explicitation, et parce que nous vivons en 2020, je me garderais de toutes références et de toutes propositions de ces traditions anciennes, en prenant comme point de départ uniquement l'expérience quotidienne et commune…

Ce qui me fait donc reprendre le libellé de la question: « Formuler ses désirs est-ce commencer à les réaliser ? »

Et comme cette question est assujettit d’une réponse induite, cela nous permet d’écarter tout de suite deux écueils:

1/celui de réduire le désir (comme acte propre de la volonté) au niveau de la simple activité psychophysiologique que nous nommons « envie », car l’envie est justement ce qui conduit la volonté à une réalisation conditionnée par la temporalité du corps sensible, si bien que quand l’auteur de la question dit : « commencer de les réaliser, il soumet le "désir volontaire de vivre en relation" au "vécu de l’envie"…

2/celui de « formuler ses désirs » est le deuxième écueil, car il relativise le désir/acte à la potentialité de la formulation, si bien que cette « formulation » devient pour l’auteur de la question une « clef de franchissement » de l’inconscient implicite à la conscience explicite de celle ou de celui qui veut désirer (voir déjà à sa réalisation comme il le propose en deuxième partie de sa question/réponse)…

Et là encore il y a erreur fatale sur l’intelligibilité de ce qu’est le désir car si nous le conditionnons ou l’assortissons d’une formulation, il perd sa qualité première d’acte et passe plus ou moins dans une des formes de descriptions ou d’explications, ou même de suggestions que sont toutes les formulations, cette erreur vient de considérer le désir au pluriel, et pas au singulier comme acte permanent de la volonté, nous y reviendrons dans la conclusion…

Ma position serait plutôt que le désir est premièrement un lien (relation) spirituel affectif avec une réalité bonne et se passe tout à fait de l’expressivité orale, c'est uniquement dans l'exercice d'une relation que le "dire" prend tout son sens, mais pas dans le désir en tant que tel…

Donc aillant évité ces deux écueils, nous pouvons regarder le désir/acte comme une qualification de l'acte volontaire, et de toute les qualifications une seule permet de comprendre ce qu’il est réellement, c’est la participation…

Pour argumenter je reprendrais une de vos phrases Laine : « La volonté et le désir sont couramment confondus je pense, comme si le fait de vouloir c'était comme le fait désirer. »

Ce que Laine nous dit là est très juste sur une confusion commune, celle qui nous fait prendre la puissance pour l’acte et donc nous place face à la réalité désirée dans une appropriation de cette réalité...

aparté ......c'est la fameuse confusion de Nietzsche formalisant la volonté de puissance comme dans cette citation : " Que votre amour de la vie soit amour de votre espoir le plus haut et que votre espoir le plus haut soit la pensée la plus haute de la vie."
confusion entre le désir et l'espoir et entre la capacité de penser et la conscience de sa propre vie, (ce qui rappelle le cogito ergo sum de Descartes évidement) qui lui fit perdre le sens du réel mais aussi et au sens propre perdre la tête par sa folie qui n'était pas seulement physiologique mais surtout psychologique...

or, désirer n’est pas s’approprier cette réalité, mais uniquement participer à une finalité commune qui unie un sujet à un objet ou plus précisément deux sujets puisque le désir ne s’établi pleinement que dans la réciprocité (amitié/amour on ne désir pas du chocolat, on en à simplement envie, tout comme l’on a pas envie d’une personne, mais l’on désir être en relation avec elle et participer à son bonheur…

dit autrement, la confusion que Laine souligne très bien est cause de la dégradation de la relation que nous avons avec la réalité bonne que nous désirons en faisant de la volonté une source de possession ce qui conduit le désir (dégradé) à ne plus manifester une relation en acte, mais le comprime et l’asservi à la mesure de la possessivité…

Participer en désirant n’est pas posséder en aliénant !

Pour conclure je reprendrais une des confusions qui fait que le désir ne soit plus regardé comme acte mais uniquement comme puissance de posséder (et aussi confondu avec la volonté), c’est de le considérer comme pluriel et pas comme singulier, car si nous disons les désirs au lieu du désir, nous perdons ce qu’il est essentiellement comme qualité en le fragmentant quantitativement, c’est pourquoi aussi seul l’acte de contemplation qui réunifie la volonté et l’intelligence, (le désir au choix) permet de retrouver la primauté de la qualité sur la quantité… tel que la Vie nous l’enseigne…



P.S je m’aperçois que malgré la longueur de cette participation, je ne vous ai pas répondu exactement Laine…

Donc simplement ceci, même si le désir est une des voies des plus claires pour savoir ce qu’est « l’âme », nous ne pouvons pas l’identifier à celle-ci, mais que nous devons continuer à chercher ce lien de prédilection qui existe entre le désir et le réel pour savoir ce qu’est notre « âme singulière » que nous ne possédons pas mais qui nous fait être participant au tout…

Modifié par zeugma - 01.03.2020 10:03
Laine
Laine
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01.03.2020 12:57

Formuler ses désirs est ce commencer à les réaliser?

"chercher ce lien de prédilection qui existe entre le désir et le réel pour savoir ce qu’est notre « âme singulière » que nous ne possédons pas mais qui nous fait être participant au tout…"
Vous avez fait plus que répondre, vous avez illuminé un questionnement, voire une vie.
Je vous félicite et vous remercie pour cette justesse et cet éclairage.
Je prends cette phrase (dont j'ai oublié l'auteur) : "L'âme est plus là où elle aime que là où elle anime" : il y aurait donc corrélation entre action déterminée par un choix, donc coopératif, et désir participatif au tout.
Reprenant la formulation de la question, l'auteur parle bien de "ses désirs", nous ne sommes donc pas dans le registre du désir inhérent à la vie, à la contemplation, à la participation mais bien dans le registre des désirs terrestres (j'allais écrire bassement...) et c'est la raison pour laquelle, je ne parviens pas à entrevoir la réponse sous ce prisme (non pas que je sois dépourvue de désirs terrestres...encore que) ; en tous les cas, très beaux échanges de philosophie de vie, d'amour et de complémentarités humaines...avant des complémentarités inter-especiales...
zeugma
zeugma
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04.03.2020 15:09

Formuler ses désirs est ce commencer à les réaliser?

Laine vous semblez postuler une argumentation reposant que " l'âme comme puissance de vie" a une bis-polarité impliquant une certaine unité fonctionnelle lorsqu'elle est source d'amour...

ainsi je vous cite : " Je prends cette phrase (dont j'ai oublié l'auteur) : "L'âme est plus là où elle aime que là où elle anime" : il y aurait donc corrélation entre action déterminée par un choix, donc coopératif, et désir participatif au tout."

la phrase que vous citez d'un auteur inconnu n'est autre que de St Bernard, et dans sa compréhension il admet que l'âme comme puissance vitale est plus "finalisée" en aimant qu'en animant le corps, ce qui est conforme à une théologie naturelle et à la théologie chrétienne dont il est un des plus expérimentés représentants...

toutefois, la question du désir repose quant à elle sur deux présupposés, celui du choix et celui de la réalité à désirer, c'est pourquoi lorsque vous concluez en écrivant : "il y aurait donc corrélation entre action déterminée par un choix, donc coopératif, et désir participatif au tout. »

Là vous percevez une des "fonctions naturelles" du choix/désir qui est de coopérer et de participer, donc de faire que la capacité d’agir et d’aimer soient proportionnellement ce qui prédispose chaque personne à entrer dans l’ordre naturel du réel…


en effet, si l'acte d'être de l'âme est de maintenir la vie en puissance, donc en tension vers le vrai et le bien pour l'intelligence et la volonté, tout comme ce qui meut le corps vers des éléments nécessaires à la pérennité des fonctions vitales, tout comme ce qui dispose aux appétits sensibles pour des réalités plaisantes, nous devons en déduire que cette "âme" est un mode singulier d'unification par lequel nous existons comme humain...

C’est pourquoi je reliais le désir comme acte singulier à la participation au tout, car le désir manifeste l’union comme qualité recherchée par la volonté, et le choix manifeste l’unité comme qualité recherchée par l’intelligence, ce qui nous permet de découvrir une nouvelle dimension de l’«âme « , à savoir {une propension à exister en relation substantielle avec les autres réalités singulières}, ce qui pourrait être une des définitions du Tout n'est-ce-pas ? …

déjà Aristote nous dit dans le "de anima", que l’intelligence se trouve être « toute chose » en puissance, nous pourrions ajouter que la volonté tend en puissance vers « toute chose »…

Mais là encore « toute chose » est écrit au singulier et pas au pluriel…

P.S Il nous reste à trouver et comprendre la fonction du désir et du choix dans la pérennité de la vie au niveau spirituel pour enfin prouver que l’âme est spirituelle comme principe de vie…
Laine
Laine
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04.03.2020 19:46

Formuler ses désirs est ce commencer à les réaliser?

"le désir manifeste l’union comme qualité recherchée par la volonté, et le choix manifeste l’unité comme qualité recherchée par l’intelligence"
très belle formulation et très explicite.
Participer au grand tout ou le subir ? c'est finalement son positionnement à la vie qui se joue là ; accepter, accompagner, s'ouvrir, à l'autre oui mais aussi à soi (ce n'est pas si évident et pourtant nécessaire pour aimer l'autre).
J'ai un peu plus de mal avec l'aspect spirituel de l'âme car pour moi l'âme est purement du registre du spirituel. Nous nous éloignons peut-être du sujet sauf à considérer que Le Désir est du domaine de l'âme...
je pense que la question était bien plus terre à terre...
zeugma
zeugma
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06.03.2020 10:07

Formuler ses désirs est ce commencer à les réaliser?

à vouloir toujours ramener le désir dans la continuité des appétits naturels de notre corps, nous laissons échapper sa véritable capacité...ce qui est fort regrettable si nous savons qu'il manifeste justement (tout comme le choix) le point de passage entre le matériel et le spirituel...
Laine
Laine
287 interventions
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06.03.2020 17:22

Formuler ses désirs est ce commencer à les réaliser?

un choix, et donc un désir, implique toujours un renoncement dans la perspective d'un plus grand accomplissement.
je trouve votre perspective de passage du matériel au spirituel opéré par un choix très revigorante et, de fait, il s'agit bien d'une orientation que l'on donne à sa vie ; donc formuler ce désir là, c'est déjà commencer à mettre en action (donc à réaliser) sa détermination de vie...
zeugma
zeugma
636 interventions
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09.03.2020 12:17

Formuler ses désirs est ce commencer à les réaliser?

Laine, que le choix soit comme acte intellectuel réducteur de la potentialité de toutes possibilités non choisies c'est évident, mais cela n'implique pas que le désir de telle réalité singulière soit l’exclusion des autres mais qu'il puisse être uniquement préférentiel, ce qui se conclus par ce que l'on appelle la détermination de sagesse, car le propre de la sagesse est d'ordonner tous les biens et la sagesse est autant dans l’intelligence du choix que dans le désir de la volonté...


P.S Pour la fin de votre publication, je n’y est pas encore suffisamment réfléchi pour vous répondre…
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