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La mort est-elle ce qui donne un sens à sa vie ou au contraire ce qui la prive de tout sens ?

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25.11.2018 04:57

La mort est-elle ce qui donne un sens à sa vie ou au contraire ce qui la prive de tout sens ?

Pour faire bref, je crois que la mort donne un sens à notre vie. Elle nous fait prendre conscience que rien ne dure et qu’il faut en profiter.
Thème proposé par -
zeugma
zeugma
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26.11.2018 11:43

La mort est-elle ce qui donne un sens à sa vie ou au contraire ce qui la prive de tout sens ?

pour faire bref aussi, je dirais que la mort acceptée comme repoussoir donne un sens à la vie, car il semble qu'elle permette d'avoir une perspective de notre corporéité limitée, c'est-à-dire de l'individuation naturelle de notre être singulier...
zeugma
zeugma
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01.12.2018 17:21

La mort est-elle ce qui donne un sens à sa vie ou au contraire ce qui la prive de tout sens ?

mais le sens n'est pas la signification, et sens ultime de la mort est une difficulté majeure pour la recherche philosophique, puisque il n'y a pas d'expérience direct et volontaire de cette réalité (hormis les EMI), la recherche du sens de la mort ne revient-elle pas uniquement au biologiste ? ou lui même n'en reste-t-il pas au comment de la mort mais jamais ne voit son pourquoi ?

Modifié par zeugma - 03.12.2018 08:52
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1 intervention
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03.12.2018 01:25

La mort est-elle ce qui donne un sens à sa vie ou au contraire ce qui la prive de tout sens ?

D'après mon paradigme sur ce thème tablé sur la mort, j'amorcerai mon pessimisme en disant qu'elle dépouille la vie de tout sens. Ce qui sous-entend qu'elle laisse un vide désolant dans notre existence. Et pour parler comme Jankélévitch ce monstre empirico-métempirisque

Modifié par Bappétel - 03.12.2018 01:27
zeugma
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03.12.2018 09:07

La mort est-elle ce qui donne un sens à sa vie ou au contraire ce qui la prive de tout sens ?

comme forme ultime d'irréversibilité (je parle ici au niveau de son intelligibilité philosophique), la mort pose en effet une déchirure dans le continuum psycho-physiologique, qui veut faire de notre présence au monde, un bien...

c'est pour cela qu'elle nous figure le sens tragique d'une irrécupérable et inéluctable inutilité de la vie, mais aussi ce par quoi la durée de vie devient un espace d'expression de notre liberté relationnelle avec les réalités de ce monde...

car il me semble que la quantité limitée de notre durée de vie, permet l'émergence d'une qualité de vie, ou plus exactement d'une singularisation de notre présence relationnelle en tant que vivant...

pour conclure, et faisant écho au libellée de la question:

" la mort n'ayant pas de sens en tant que telle, renvoie-telle au sens ultime de la vie, à savoir le passage de l'être au devenir ?"

Modifié par zeugma - 04.12.2018 11:10
Laine
Laine
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06.12.2018 12:41

La mort est-elle ce qui donne un sens à sa vie ou au contraire ce qui la prive de tout sens ?

J'ai tendance à penser que la mort n'est qu'un passage.
Je m'explique : constitués d'atomes contenus dans un corps, lorsque l'on parle de mort, on entend (généralement) mort de ce corps.
De fait, il y a extinction d'un corps et grâce à cette extinction, les atomes le composant peuvent reprendre la voie du cosmos, revenir dans le flot d'énergie universelle et reproduire du vivant.
Ainsi donc, la mort que l'on considère comme une fin, pourrait être considérée comme un passage ; une renaissance en quelque sorte.
zeugma
zeugma
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07.12.2018 09:33

La mort est-elle ce qui donne un sens à sa vie ou au contraire ce qui la prive de tout sens ?

ce que dit Laine est très juste du point de vue de la matérialité corporelle, car il existe une version explicative par les traditions philosophico-religieuses partant de ce constat de l'impermanence de la forme matérielle individuelle pour rendre compte de la réincarnation, ce qui tend à résoudre deux inconnus d'un seul coup, celui de la mort et celui de la continuité vitale...

mais la réincarnation désignerait donc la recomposition de la quantité de matière nécessaire pour l'individuation et la croissance biologique d'un corps et pas la transmigration de quelque chose d'immatériel du vivant...

Modifié par zeugma - 07.12.2018 12:44
Laine
Laine
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08.12.2018 20:20

La mort est-elle ce qui donne un sens à sa vie ou au contraire ce qui la prive de tout sens ?

Nous avons déjà connu la mort : avant d'être ; mais nous l'avons oubliée.
Que dissimule ce terme transmigration ?
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28 interventions
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08.12.2018 20:24

La mort est-elle ce qui donne un sens à sa vie ou au contraire ce qui la prive de tout sens ?

Ce sujet sur la mort qui finalement est insaisissable à nous vivant m'inspire une question:
Si quelqu'un détenait la vérité sur cette question serait elle démontrable ?
Et du coup la vérité est telle toujours démontrable ?
Et une vérité si elle est non démontrable serait toujours vérité ?
zeugma
zeugma
636 interventions
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09.12.2018 11:09

La mort est-elle ce qui donne un sens à sa vie ou au contraire ce qui la prive de tout sens ?

en vous répondant provisoirement Nigau que, la vérité même sans être démontrée par la logique ou par d'autres formes d'intelligibilités du réel, reste tout de même ce que l'on peut désigner comme un bien à suivre, car toute démonstration n'est qu'une étape provisoire d'une recherche continue...


et il suit que si la mort est ce qui donne un sens à la vie, c'est par sa capacité à en désigner une des modalités bénéfiques, à savoir son irréversibilité, car il me semble que la vie que nous expérimentons est un bien transitoire par lequel notre attention aux autres biens peut être éveillée...

et donc même la mort peut, dans cette disposition de recherche du bien, nous conduire à entrevoir dans le réel, une continuité de notre être..... si nous en avons touché la source...
zeugma
zeugma
636 interventions
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09.12.2018 11:13

La mort est-elle ce qui donne un sens à sa vie ou au contraire ce qui la prive de tout sens ?

Laine quand vous nous dites : "Nous avons déjà connu la mort : avant d'être ; mais nous l'avons oubliée." "Que dissimule ce terme transmigration ?"

faite vous allusion à la proposition platonicienne des idées éternelles et du mythe de la caverne ?

la transmigration ou métempsychose est une version philosophique d'une acception de l'immortalité spirituelle, selon un retour proportionné à la qualité de la présence dans le tout...

c'est d'ailleurs un point difficile à tenir dans la tradition bouddhiste du samsara, que d'être détaché de l'illusion du réel et de compatir pour tous les vivants...
Laine
Laine
287 interventions
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10.12.2018 21:50

La mort est-elle ce qui donne un sens à sa vie ou au contraire ce qui la prive de tout sens ?

Je ne sais si l'on peut parler des idées éternelles ; c'est je pense, plus prosaïquement, le simple fait que avant d'exister, nous n'étions pas ou plutôt nous n'étions pas "formé". Nous étions peut-être à l'état de poussière et / ou de particules, attributs de la puissance créatrice ; c'était donc une puissance de vie qui a trouvé son chemin dans une enveloppe corporelle. Mais lorsque cette enveloppe corporelle meurt, c'est elle qui meurt, la puissance contenue repart effectivement dans le vase commun du cosmos et en cela peut-être un peu de l'idée éternelle.
Merci pour cette explication de la transmigration qui m'a même semblé limpide.
zeugma
zeugma
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11.12.2018 14:26

La mort est-elle ce qui donne un sens à sa vie ou au contraire ce qui la prive de tout sens ?

il a bien dans la question :"La mort est-elle ce qui donne un sens à sa vie ou au contraire ce qui la prive de tout sens ?", une part de réponse qu'il convient de faire procéder d'une réflexion propre à la théologie naturelle, au-delà de ce qu'en propose les théologies religieuses de tous les âges passés...

ce que nous percevons de la mort, c'est exclusivement la fin d'un ou de plusieurs des trois mouvements naturels selon : la forme, la croissance et le lieu, qui ont pour fin, la maladie, la vieillesse et l'accident, ceci rapidement dit, ces mouvements sont eux mêmes constitués d'interactions...


il suit que, si notre vie est composée d'une succession d’interactions de causes et d'effets (échange et partage), la singularité de notre corporéité en est une symbiose, ce qui nous place devant la possibilité d'impliquer une cause univoque à ce "phénomène" qu'est la vie...

c'est aussi pourquoi en théologie naturelle cette cause explique l'existence singulière et successive des êtres...
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1 intervention
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02.01.2019 12:13

La mort est-elle ce qui donne un sens à sa vie ou au contraire ce qui la prive de tout sens ?

Bonjour,

Je viens d'arriver sur ce forum. Ceci est donc mon premier message. De mon point de vue, la mort telle qu'elle est universellement conçue (fin de l'ici et maintenant et pour sa suite : advienne que pourra) pousse à faire deux choses : soit trouver un sens à la vie, soit nier, dénier, se voiler qu'elle a une fin.

L'inconvénient, c'est que ces deux voies n'ont ni les mêmes conséquences, ni la même difficulté. Et si l'on était capable de connaître ces différences de destins, je suis curieux de savoir lequel chacun emprunterait majoritairement.

Si philosopher, c'est apprendre à mourir, on sent bien qu'on est plutôt loin d'un au-delà promis par les grandes religions. C'est plutôt faire avec le fait qu'il est donné que ça s'arrête, et pour le reste, on ne peut que spéculer et traiter ses spéculations comme de vrais casse-têtes plutôt qu'un acquis d'une vie éternelle. Je crois que c'est un peu le pari de Pascal ?

Le Dalaï Lama disait "[Les hommes] vivent comme s’ils n’allaient jamais mourir… et meurent comme s’ils n’avaient jamais vécu. ». Et ça, c'est une question si vertigineuse que l'angoisse ne peut que pousser plus d'un à se réfugier dans les "modes d'emploi de la vie" prêt-à-porter des sociétés dans lesquelles ils vivent. Se risquer à la solitude radicale d'une recherche d'une réponse personnelle à cette question, je suppose qu'il faut le vouloir vraiment.

Pour moi, la question subsidiaire, c'est qu'est-ce qui fait que l'on se risque à une telle démarche dont le résultat est tout sauf garantie ? Je crois que c'est Nietzsche qui comparait l'amour de la vérité avec la haine de la vie. Je ne suis pas sûr de souscrire entièrement avec cette idée, ni d'y être totalement en désaccord. Faut-il être dans la matrice, ou à l'extérieur ? Ou comme l’allégorie de la caverne, une fois sorti, pourrait-on à nouveau retourner s'y enchaîner.

Ou encore, la recherche d'un sens à la vie est-il toujours une recherche de vérité, qui n'est généralement franchement pas câline, ou bien, dés que l'on s'écarte de cette démarche de recherche de vérité, on tombe dans de la religiosité personnelle.

Des fois, le "pousse-à-jouir-à-tout-prix" que nous promettent nos sociétés de consommation afin, entre autre, de nous décharger (et j'insiste sur ce mot) de ces questions me parait presque être le meilleur repas à la carte. Mais encore une fois, pour revenir sur l'allégorie de la caverne... qu'en est-il de l'autonomie ? Qui, de son plein gré, est prêt à retourner s’enchaîner sans d'abord se crever un œil ou se percer les tympans ?
zeugma
zeugma
636 interventions
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02.01.2019 12:35

La mort est-elle ce qui donne un sens à sa vie ou au contraire ce qui la prive de tout sens ?

très juste considération que vous nous donnez là Ornicar...

car comme conjonction de coordination (humour) entre la vie et la mort vous proposez de consolider notre présence de vivant avec suffisamment de détachement face à l'inéluctable moment par lequel notre vitalité déclinante lâchera prise...

et vous nous dites :" c'est qu'est-ce qui fait que l'on se risque à une telle démarche dont le résultat est tout sauf garantie ?"en parlant du fait que de se poser la question de la mort comme on se pose une question qui aurait une réponse consolante voir anesthésiante de l'angoisse que suscite le fait de savoir que nous sommes mortel !

la question n'est pas de se garantir d'une immunité ou d'une immunisation de cette angoisse, mais bien de répondre à la condition première de la conscience qui établie en direct un lien entre notre être et notre vitalité, c'est pourquoi les religions sont toutes plus ou moins enracinées dans cette linéarité vitale avec une perspective de dépassement !
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