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Peut-on être heureux sans le savoir ?

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01.10.2018 07:30

Peut-on être heureux sans le savoir ?

Le bonheur semble être devenu l'une des principales finalités humaines, et quelle chance a celui qui y est soumis. Ma question est la suivante : peut-on être heureux sans en avoir conscience ? Je me demande parfois si le bonheur ne vient pas simplement du fait de réaliser que l'on est heureux. Qu'en pensez-vous ?
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02.10.2018 18:10

Peut-on être heureux sans le savoir ?

Le bonheur semble être le fait d'aimer, d'un certain point de vue c'est donc une sensation (j'aime).
Quand on sent, on sait qu'on sent alors je pense que quand on est heureux on le sait forcément.
L'homme qui n'aime pas sa vie est par définition malheureux et si l'une des principales finalités de l'humain est d'être heureux c'est que la majorité des humains n'aiment pas leurs vies.
Comment réaliser qu'on est heureux quand on ne l'est pas ?
Si le bonheur c'est d'aimer alors une des possibilités de le vivre c'est prioritairement de faire des choses qu'on aime et de ne pas faire des choses qu'on n'aime pas.
zeugma
zeugma
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03.10.2018 14:32

Peut-on être heureux sans le savoir ?

le bonheur a toujours été pour le vivant sa finalité, mais selon les espèces il se décline dans des directions diverses et en des points de stabilités multiples, toutefois Had nous donne une piste très optimiste de la saisie du bonheur en le faisant provenir de l'activité aimante de notre sensibilité citation: " Le bonheur semble être le fait d'aimer, d'un certain point de vue c'est donc une sensation (j'aime)."
mais dire ainsi, c'est dire qu'aimer est une sensation vraie que si on l'associe inéluctablement au bien être physiologique, pour ma part c'est cela et autre chose, car le bonheur est un bien et tout bien est aussi vérité, c'est pourquoi il dépasse de beaucoup la sensation, mais comme finalité de toute la personne il en est L'UNIFICATION et donc pas seulement une activité extérieure, comme Had semble le désigner in fine, donc à mon avis et une fois de plus le bonheur est contemplatif, comme activité unissant parfaitement l'exercice de l'intelligence et de la volonté (Aristote)

Modifié par zeugma - 06.12.2018 09:29
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16.10.2018 10:08

Peut-on être heureux sans le savoir ?

Je trouve que le bonheur est un mot beaucoup trop généraliste pour regrouper
toutes les passions/joies/amours de l'espèce humaine !
Et puis, on parle du bonheur comme un état qui semble permanent ou tout du moins durable.
Pourtant l'homme est caractérisé par son inconstance, son évolution continue.
Pour moi il y a des phases plus ou moins longues de joie, de moments agréables, qui alors s'apparentent à cette idée de bonheur.
Mais courir derrière le bonheur, c'est se voiler la face. C'est comme se dire, "quand j'aurai obtenu ça tout ira bien dans ma vie".
Rien n'est radical à ce point. On attend un moment à venir, qui est sans cesse repoussé.
Ce qui est de notre ressort par contre, c'est faire de notre mieux pour vivre dans la joie et l'amour à chaque instant de notre existence.
Ce qui n'est pas évident soit dit en passant, puisqu'à certains moments la tristesse, la colère, la frustration ou encore le dégoût sont bien plus faciles à exprimer.
zeugma
zeugma
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16.10.2018 13:12

Peut-on être heureux sans le savoir ?

en effet ethiraj ...il semble que le bonheur soit transitoire, mais les conditions de son obtention sont tout de même à rechercher avec le même empressement que l'air respiré, que la nourriture et l'eau absorbés et que la sécurité physique assurer etc...

il appert donc que le bonheur est ce qui convient d'appeler une des finalités humaines, c'est pourquoi nous sommes peut-être sans savoir exactement ce qu'il est, mais qui irait dire : "je cherche mon malheur ?"

bien à vous...
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16.10.2018 22:49

Peut-on être heureux sans le savoir ?

Zeugma, par "faire des choses qu'on aime" j'entends "vivre des choses qu'on aime" ce qui a un sens plus large qu'une activité extérieure.
je suis d'accord avec cette notion d'unification, unir intelligence et volonté est un acte d'alignement et l'idée de contemplation semble aussi sous-entendre une unification de soi avec le reste des corps de l'univers.
Tous les corps "la matière" sont indissociables, peut on vraiment dissocier la feuille de l'arbre ?
Le bonheur né peut-être aussi d'un acte de "reconnexion" ou peut être aussi que la reconnexion et l'unification sont les effets de la contemplation.

Modifié par Had.8100 - 16.10.2018 22:53
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17.10.2018 08:39

Peut-on être heureux sans le savoir ?

Je ne contredis pas réellement que le bonheur soit une finalité, au contraire comme vous le dites, zeugma, il semble être une nécessité au même titre que les fonctions physiologiques que vous citez.
Je trouve simplement que l'on a apposé un grand mot sur ce qui n'est rien d'autre que tout ce qui
crée de la joie dans notre vie ; et on a construit autour de ce concept beaucoup d'idéaux,
qui font qu'aujourd'hui on a l'impression qu'atteindre le bonheur est un vrai challenge.
J'ai le sentiment qu'il nous faut désacraliser un peu ce mot, et comprendre qu'il en faut peu pour être heureux … :)
Même si bien entendu, il y a des conditions à réunir, comme vous le précisez, et un effort à réaliser en amont !
zeugma
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17.10.2018 09:32

Peut-on être heureux sans le savoir ?

très juste Ethiraj, et si c'est dans l'affirmation du désir d'être heureux que les projets, les envies et les besoins prennent ensembles une direction commune, (même si comme vous le dites être heureux ne nécessite que très peu de moyens), il nous faut percevoir ce point d'équilibre entre le réel et notre existence par lequel quelque chose est là comme une plénitude personnelle...

ce serait donc que "être heureux" nécessiterait une modalité de réalisme qui tendrait à percevoir une unification entre notre existence et l'existence des autres êtres, un savoir réceptif et effectif...

et quand Had.8100 nous dit : Le bonheur né peut-être aussi d'un acte de "reconnexion" ou peut être aussi que la reconnexion et l'unification sont les effets de la contemplation."

c'est vraiment un regard de sagesse qu'il nous propose de rechercher, par notre nature de vivant ! Had a aussi raison de parler de "reconnexion" car il semble qu'une rupture a dissocié notre présence et la présence de la nature !

Modifié par zeugma - 17.10.2018 09:44
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18.10.2018 00:55

Peut-on être heureux sans le savoir ?

Ethiraj C'est intéressant ce que tu dis :
"on a apposé un grand mot sur ce qui n'est rien d'autre que tout ce qui
crée de la joie dans notre vie ; et on a construit autour de ce concept beaucoup d'idéaux,
qui font qu'aujourd'hui on a l'impression qu'atteindre le bonheur est un vrai challenge."
A partir de la je pense qu'on peut remettre en cause tous les concepts donc tous les mots, les renvoyer à leur juste place de pensées qui ne sont pas fidèle à la réalité.
Si il y a bonheur alors il n'est pas conceptuel il est réel et je te suis donc sur le fait que le bonheur se passe de notions.
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18.10.2018 01:19

Peut-on être heureux sans le savoir ?

Zeugma j'aime beaucoup la réflexion que tu propose, je cite :
"ce serait donc que "être heureux" nécessiterait une modalité de réalisme qui tendrait à percevoir une unification entre notre existence et l'existence des autres êtres, un savoir réceptif et effectif..."
"il semble qu'une rupture a dissocié notre présence et la présence de la nature !"
Peut on dissocier la molécule de l'homme ? ou L'homme de la terre ? La terre du système solaire etc...
Tout semble être un seul et même corps car l’ensemble des corps de l'univers sont interdépendants, ils dépendent tous les un des autres de la même manière qu'un humain dépend de ces organes.
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18.10.2018 09:58

Peut-on être heureux sans le savoir ?

Cette "unification entre notre existence et l'existence des autres êtres" dont vous parlez m'évoque la notion d'harmonie ; et j'ai tendance à croire que ce que l'on nomme bonheur est intimement lié justement à un accord, une entente entre le moi et le milieu / les autres.
Pour atteindre ce niveau d'harmonie il faudrait peut être, en effet, acquérir une perception et une compréhension fines de la réalité, de notre environnement et de leurs rapports à notre existence.

Quant à l'idée de "reconnexion", je dois avouer qu'elle reste un peu floue dans mon esprit, je ne crois pas saisir l'ampleur de son sens ...
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18.10.2018 10:16

Peut-on être heureux sans le savoir ?

Had.8100, je ne vois pas ça sous le même angle.
Pour ma part, je ne crois pas que le problème vienne des pensées ...
Ce serait plutôt le fait de vouloir imposer, à des pensées, des mots qui ne peuvent en contenir l'ampleur et la profondeur sans simplification abusive, qui pose problème.
De ce fait on peut remettre en question les mots et les concepts comme vous le dites.

Je suis d'accord sur le fait que tenter de conceptualiser le bonheur n'est peut être finalement pas si pertinent, au vu de l'étendue et de la diversité des sens qu'on peut lui associer.

Toutefois je maintiens que nos pensées ont une amplitude et une complexité suffisantes pour appréhender le réel.

Modifié par ethiraj - 18.10.2018 10:50
zeugma
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18.10.2018 12:12

Peut-on être heureux sans le savoir ?

ce que vous mettez en lumière Ethiraj est pertinent lorsque vous distinguez ce qui relève de la pensée comme fonction vitale et sa mise en camisole de force par la conceptualisation du langage...

sans doute percevez-vous que la pensée pourrait être une capacité naturelle de libération si elle devenait (ou redevenait enfin) une faculté ayant avec le réel, un contact direct n'obligeant pas 'l'étiquetage" conventionnel de la normalisation du langage...

ainsi penser au delà des mots, au delà de leurs formes conceptuelles, et surtout envisager notre présence au monde par des qualités autres que celles des classifications, serait en effet une forme de liberté et donc de bonheur !

vous dites ensuite :"Toutefois je maintiens que nos pensées ont une amplitude et une complexité suffisantes pour appréhender le réel."

il me vient une question:"ne serait-ce pas alors la modalité de contact entre humains qui générerait l'impasse dans laquelle la succession des civilisations nous garde ?"
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18.10.2018 16:04

Peut-on être heureux sans le savoir ?

Oui, je vois la pensée comme le moyen de communication/ le langage de notre esprit dans sa version brute et non normalisée.
Selon moi ce n'est pas un reflet de la réalité, ni un outil de la conceptualisation, et elle n'est pas secondaire à la parole.
C'est pour ça que j'aime bien l'expression de "fonction vitale" que vous employez.

Ce serait le moyen d'entrer en communion avec la vérité et j'imagine qu'en conséquence elle nous permettrait d'atteindre "une forme de liberté et donc de bonheur" comme vous le dites.

Quelle est cette modalité de contact selon vous, quelle forme prend-elle ?

J'aurais envie d'élargir encore davantage votre question en la liant aussi au contact que l'on a avec nous-mêmes.
Puisqu'avant même de pouvoir établir quelque communication que ce soit avec autrui, si on ne peut accéder à une compréhension et une clairvoyance de notre propre personne, comment pourrait-on construire un contact/ une relation qui n'aboutirait pas fatalement à une impasse ?
zeugma
zeugma
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19.10.2018 10:15

Peut-on être heureux sans le savoir ?

si en effet la relation à "l'autre" est en ses points d'acceptations ou de détestations ou encore d’indifférenciations, une gradualité conduite par tous les conditionnements, culturels, sociaux, ethniques, économiques et même psychologiques, nous avons à chercher en quoi cette MODALITÉ DE CONTACT est un lieu incontournable...

et si, comme vous en donnez la piste, ce serait déjà envers nous même qu'il serait indispensable de conclure "un accord", c'est-à-dire une modalité de contact envers nous-même, il me semble qu'elle doive s'enraciner dans une vitalité d'unification, dans une déclaration consciente qui ne serait pas soumise à notre psychologie aléatoire et adaptative, mais dans ce bien commun qui est présent même si nous l'oublions trop souvent, je veux parler de notre condition d'être UN VIVANT PARMI D'AUTRES...

ainsi cette modalité de contact garderait dans le devenir toutes les qualités pérennes de la vie multiple et diverse, plus enclin à l'échange qu'au simple partage...
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19.10.2018 12:07

Peut-on être heureux sans le savoir ?

Votre opinion semble aller dans le sens inverse de l'évolution de notre société qui est de plus en plus individualiste (c'est un simple constat, sans jugement de valeur).
Selon vous, si je comprends correctement, cet accord avec NOUS-MÊMES serait donc plutôt une étape, un moyen pour parvenir à une fin qui serait cette modalité de contact avec AUTRUI ?

Mais si notre capacité de relation à l'autre résulte de conditionnements (ce que je ne remets pas en question), ce qui signifierait qu'elle ne relève pas d'une vérité et d'une autodétermination complètes, en quoi cette modalité de contact est-elle à ce point incontournable à vos yeux ?

Si ces relations relèvent au moins autant d'un conditionnement social que de notre propre libre-arbitre, leur poids dans notre quête d'une évolution positive de notre vie /de notre société/ de notre monde, ne s'en retrouve-t-il pas considérablement amoindri ?
zeugma
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20.10.2018 13:21

Peut-on être heureux sans le savoir ?

En effet mon opinion sur l'évolution humaine est contraire à ce que les sociétés mettent en place! et sans nous éloigner du sujet initiale, il semble indispensable de reposer la question du rapport entre "connaissance nécessaire" et bonheur dans la phase éducative des nouvelles générations...

Sur l'accord à nous même, je précise qu'il s'agit plutôt d'une plus parfaite unification des diverses dimensions de notre vie, c'est-à-dire que les dimensions vitales et "laborieuses" coïncident, vous aurez compris sans plus de détails, et de fait, si une réunification se produit pour soi-même, une plus parfaite unité peut être entrevue entre nous...

pour ce qui est du conditionnement plus ou moins conflictuel avec notre détermination, il s'agit là aussi de prendre comme modalité de contact envers autrui, CE QUI EST RÉELLEMENT UN BIEN COMMUN et que cela soit édicter en nouvelle loi...

pour votre dernière question, ce serait dans une qualité de présence à l'autre que la coopération opérerait...
zeugma
zeugma
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20.10.2018 13:24

Peut-on être heureux sans le savoir ?

citation d'ethiraj : "Si ces relations relèvent au moins autant d'un conditionnement social que de notre propre libre-arbitre, leur poids dans notre quête d'une évolution positive de notre vie /de notre société/ de notre monde, ne s'en retrouve-t-il pas considérablement amoindri ?

c'est une question fort pertinente qu'il nous faut garder comme fil conducteur à ce sujet sur le rapport entre savoir et bonheur...
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22.10.2018 08:56

Peut-on être heureux sans le savoir ?

Par "connaissances nécessaires", faites-vous allusion à toutes sortes d'aptitudes qu'il nous faut acquérir pendant notre scolarité, qui seraient des outils dans notre propre réflexion sur des thématiques telles que le bonheur ?

Ou bien peut-être aussi à l'éducation par les parents et modèles sociaux, dans un sens plus général ?

Si j'ai bien saisi, vous centrez à présent la question sur la dimension d'un certain savoir qu'il serait nécessaire d'engranger, durant notre "phase éducative", pour pouvoir espérer aboutir à une forme de bonheur ?
Ce qui reviendrait à répondre par la négative à notre question centrale, si nous considérons que ce savoir est la fondation, la condition première de notre bonheur.
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22.10.2018 08:57

Peut-on être heureux sans le savoir ?

En prenant la question sous cet angle, cela m'évoque la thèse de Mill, dans l'Utilitarisme, selon laquelle ce savoir serait plutôt un frein, ou peut-être même un obstacle dans notre accession au bonheur.
"Un être pourvu de faculté supérieure demande plus pour être heureux, est probablement exposé a souffrir de façon plus aiguë..."

Pour autant, l'ignorance ne donne qu'une illusion de bonheur.
Savoir implique qu'on se remette en question, qu'on doute, qu'on ne prenne rien comme acquis.
Le doute et l'incertitude peuvent apparaître comme des anti-bonheur, dans le sens où ils nous mettent dans une situation d'inconfort, voire même de peur.
Mais ce n'est pourtant que par leur biais, grâce à cette remise en question, qu'on accède à une réflexion essentielle pour définir ce que signifie pour nous le bonheur, et quelles en sont les conditions nécessaires.
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